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Arnaud Petit - Stéphanie Bodet

Patagonie

Voie Bonignton / Paine / Chili – janvier 2007
Voie Bonignton / Paine / Chili – janvier 2007
Un voyage de repérage pour prendre la mesure du climat Patagonien avec l'ascension de la voie classique de la Tour Centrale du Paine.

Est il possible de faire du libre là bas ? Lequel du massif de Paine ou de celui du Fitz Roy nous ferait le plus rêver ?

Repérer, faire une ou deux ascensions si possible, et retrouver François, voilà de quoi motiver un court séjour vers ce granit de rêve.

A notre deuxième tentative, nous avons gravi la voie Bonington sur la Tour Centrale de Paine (2454m), 600 m d'escalade en 8 h après 4 h d'approche et une descente épique qui dura plus longtemps que l'ascension !

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Le récit de Stéphanie

De retour à la maison, nous voilà rassurés. Toutes les horreurs que l’on raconte sur la Patagonie sont bien vraies. Nous avons pu le vérifier durant le long mois que nous avons passé là bas. Les bourrasques de vent à cent kilomètres heures qui vous collent le nez à terre, la météo instable et les attentes interminables pleines de doute et d’interrogations aux camps de base, ne sont donc pas de simples légendes…
Notre petit périple d’initiation et de reconnaissance a ainsi débuté par l’ascension de la voie Bonigton, à la tour centrale du Paine, au Chili. Le mauvais temps nous a contraint à rebrousser chemin lors de la première tentative, effectuée dans la foulée de notre arrivée.

Quatre longues journées de lecture et d’errance plus tard, nous voilà abordant les premières longueurs de vraie grimpe sur un beau granit doré et sculpté à souhait. Il fait beau, de gros lenticulaires semblables à des soucoupes volantes voguent à l’horizon et les faces alentour sont plâtrées par la neige tombée la veille. L’approche sur une moraine pénible, le long couloir à remonter pour accéder au pied de la face, et les trois longueurs de mixte sont derrière nous et, en dépit des onglées successives occasionnées par le froid mordant qui règne au fond des fissures, nous sommes heureux comme des princes.

Les quinze longueurs sont vite avalées et lorsque nous parvenons au sommet vers 15 heures, le paysage s’est évanoui dans un épais voile de brume et quelques flocons de grésil volètent sans parvenir toutefois à nous inquiéter. Tant pis pour le panorama et nous voilà attaquant allègrement les rappels. Un, deux, trois, quatre, cinq…Aïe ! Une rafale nous scotche à la paroi, nous faisant retrouver le visage de l’humilité.
Continuons, six, sept… Ouille ! Là, ça devient plus embêtant. Les cordes s’emmêlent, volant en tous sens et la descente s’éternise. Il est minuit lorsque nous parvenons à la brèche. Le chrono est formel, nous avons mis plus de temps à descendre qu’à monter. Comble de malchance, la corde se coince une fois de plus lorsque nous la tirons.
Bivouac impromptu qui se solde par une retraite de Russie le lendemain, au lever du jour. Les rafles à 80 km/h n’ont pas faibli un seul instant durant la nuit et c’est dans un état pitoyable que nous rejoignons notre camp.

Alors que nous parvenons trois jours plus tard à El Chalten, en Argentine, notre moral de grimpeur est au plus bas. Seule une cure de thalasso pourrait nous remettre sur pieds. François a des engelures aux orteils et Arnaud ne peut pas remuer la main droite, car son poignet a doublé de volume pour une raison inconnue. Nous optons plutôt pour un trek afin de contempler les beaux sommets que nous avons toujours rêvé de voir. Il fait beau !Quatre journées d’un ensoleillement exceptionnel qui nous permettent de voir le Cerro Torre et le Fitz Roy, dans toute leur colossale splendeur. Ensuite, rideau !
Nous passons quelques jours à faire du bloc en compagnie des frère Pou que nous sommes heureux de retrouver ici. Après avoir gravi le Supercouloir au Fitz Roy, ils sont contents de tirer à nouveau sur des arquées !

Dernière escale avant notre retour en France : Vallee Encantado, près de Bariloche. C’est vraiment reposant de renouer avec la couenne. De vraies vacances de grimpe sur des lignes de conglomérat superbe. De belles rencontres aussi car les grimpeurs actifs d’Argentine et du Chili semblent s’être donnés le mot et nous pouvons constater à quel point la grimpe est universelle !

Nous savons déjà que nous reviendrons pour Chalten, le Fitz Roy, car les marches effectuées et la rencontre sur place de Kurt Albert, nous ont permis d’affiner nos stratégies futures dans l’espoir de gravir un jour sa magnifique face Est, par Royal Flush.

Stéphanie, mars 2007.

Remerciements : Merci à Jérôme Arpin pour ses infos et à François pour son énergie.

Les infos pratiques

Chili, Tours de Paines

Incroyables donjons granitiques les Tours de Paines sont parmi les plus belles montagnes rocheuses qui existent. En particulier la Tour Centrale et sa face est de 1200 mètres. Elles sont par contre isolé des villes et villages et représentent de vrais petites expéditions. Les conditions météorologiques sont plus clémentes que sur les hauts sommets de El Chalten, pourtant les jours sans trop de vent semblent chaque mois se compter sur les doigts d’une main.
Météo en demandant au garde du camping des Torres (45 min du Camp Japonais). On peut acheter un complément de nourriture au refuge Chileno (2 h du camp).
Portage possible seulement jusqu’à Chileno, 80 euros pour 50 kg.

Les Tours de Paines sont à deux heures de bus de Puerto Natales. Pour grimper il faut un permis, la demande est à faire par internet au difrol 3 semaines avant votre départ. Puis en rentrant au parc il faut faire le détour par l’administration. Compter arriver au départ du chemin des Torres (camping) à 20 h en partant à 14 h de Natales.

Argentine, El Chalten

Camping gratuit à l’entrée ou à la sortie du village (ce dernier est plus populaire du fait de la proximité des blocs). Celui des grimpeurs est putôt Madsen, à la sortie. Il est plus proche des blocs et des couennes.
El Relincho est un camping qui offre douches et salle commune pour manger au chaud, 4 euros la nuit, 30 cts le litre d’eau chaude.
Au village, toutes les commodités sauf distributeur CB, possibilités de louer tentes, matelas, duvets. Gaz MSR en vente.

Argentine, Bariloche

Bariloche est une ville étonnante, mélange de Briançon, Annecy et Interlaken, où la vie est deux fois moins cher. Les possibilités d'escalade sont nombreuses et variées.

Frey, (4h de marche de Bariloche), en altitude, de très belles aiguilles de granit avec des voies de 3-6 longueurs en parties équipées, type Envers des Aiguilles, avec toutefois un granit plus joli, plus raide et avec souvent des tafonis et des écailles, niveau 5c à 7a : beaucoup de choix. Il y a un refuge sympa au pied des voies.

Encantado : il faut avoir envie de découvrir le milieu de la grimpe argentin et chilien, pendant les vacances d'été il y a du monde et l'ambiance est très sympa
Les voies : le rocher pas toujours top, c'est du volcanique un poil fragile,
Le niveau : de très belles voies dans tous les niveaux, les voies majeures sont dans le 7c-8a+,
deux ou trois belles voies pour chaque niveau toutefois.

Pour Encantado, nous bivouaquions et traversions la rivière en profitant des locaux qui avaient un petit bateau en plastique, il est possible d'en acheter un à Bariloche. Il y a aussi un camping à 2 km. Des bus réguliers peuvent vous poser ici, sinon, une voiture coûte au minimum 35 euros par jour. Très bonnes viandes en Argentine.

La période : novembre décembre, mars -avril.